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Messe dans le cadre de la Journée mondiale de la Paix – centrée sur la culture politique - Le père Labour: «Les ‘roder’ et les ‘doner bout’ mènent la danse»
Partage d’expérience - La JOC réunionnaise en visite
Formation - Un groupe 40 relooké pour les jeunes


Messe dans le cadre de la Journée mondiale de la Paix – centrée sur la culture politique

Le père Labour: «Les ‘roder’ et les ‘doner bout’ mènent la danse»


L'assemblée, composée d'un grand nombre de jeunes.

L’Église, par la voix du père Jean-Maurice Labour, président de la Commission Justice et Paix, a été des plus claires. L’Église n’est pas en dehors de sa mission quand elle prend la parole sur la chose politique. Elle l’est encore quand elle interpelle les chrétiens à y prendre une part active, à exiger un vrai débat autour de la construction d’une société juste et équitable. Elle l’est toujours quand elle dénonce les tares liés à la politique et propose des avenues pour son assainissement.

Eglise Saint-Jacques, Souillac, le 1er janvier dernier, Journée mondiale de la Paix. La voix du père Labour tonne fort du haut de l’ambon.

En marge des prochaines élections générales, elle a dénoncé la perversion du jeu démocratique que sont la campagne électorale et le vote par des tractations immorales, le trafic d’influence, la violence verbale et physique, la corruption, le clientélisme, l’achat des consciences…

Au point où certains chrétiens jugent sain de rester éloignés de la politique.

«Eki nou pou ress bater bis?»

Aussi interpellant à la fois les chrétiens et les politiciens, le père Labour s’interroge: «Eski nou aksion demokratik pou zis al met lakroi kot sinbol poupet ou marionet zour eleksyon, ou soi nou pou particip dan la kampagn elektoral?

Eski kampagn elektoral pou lokazion enn veritab deba lor bann anze konstriksyion enn sosyete zist ek ekitab, kot personn pa exkli dan developman? Ou soi nou pou kontant-nou avek bann traktasion dalians, tir manze dimounn dan bagar personel? Eski deba demokratik li pou enn match ant enn elektora roder-bout ek bann kandida doner-bout? Eski nou pou ress bater bis ek roder tempo?»

Et sans tomber dans le caricatural, le président de la Commission Justice et Paix dresse un triste tableau des campagnes électorales. «Débats enflammés sur les alliances pré ou post électorales entre partis, calculs communalo-castéistes, distributions de tempos ou de promesses de dons ponctuels, guéguerres d’audience, engueulades de bas étage, domination des ‘affaires’ touchant personnalités et partis avec ses lots de soupçons, d’accusations, d’amalgames, de polémiques…»

Tout un climat délétère qui prend le dessus et qui, trop souvent, dispense les candidats d’aborder les vrais défis d’une société juste, et à construire ensemble. Tout un climat qui fait que les votes sont influencés par l’émotion. Et que le «tamtam des bater-bis, les dîners, les pique-niques, les roder et les doner bout mènent la danse». Un climat menaçant pour la démocratie. Dangereux pour le vivre-ensemble. Et qui fait fi des droits de l’Homme.

Un climat qui favorise, dans le concret, la montée de l’individualisme, les vieux reflexes identitaires, ethniques ou castéistes, au détriment du bien commun. Un climat d’exclusion et de «protection de montagne». Et qui lentement, mais sûrement, transforme l’électeur, le citoyen en «un «consommateur passif de la démocratie qu’il revendique, alors même que cette démocratie, pour exister, exige de lui qu’il soit un citoyen acteur».

Convictions fortes

Le père Labour propose le partage de quelques convictions fortes que porte la Commission Justice et Paix:

• Dire haut et fort le respect que nous avons pour la dimension politique de notre société; en dénonçant toutes les pratiques qui dévaluent et pervertissent ce maillon essentiel du fonctionnement de la démocratie.

• Mettre nos politiciens devant la grandeur et la dignité de leur responsabilité, et exiger d’eux qu’ils servent la société au lieu de se servir eux et leurs familles.

• Exhorter les Mauriciens, les jeunes en particulier, à ne pas rester acteurs passifs, mais à exercer leur rôle de citoyens.

• Identifier les enjeux majeurs sur lesquels devraient porter nos efforts pour un développement intégral, harmonieux pour tous, en évitant de nous disperser dans des pratiques d’intérêts sectoriels, voire sectaires.

Et il conclut en insistant «qu’il n’y a pas de démocratie sans comportements démocratique». D’où l’urgence d’apprendre à connaître et à reconnaître l’autre. De privilégier le débat plutôt que le combat. De développer le dialogue et le sens du compromis, en faisant prévaloir la raison sur la passion. De bannir l’usage de la violence et du mensonge.

«La démocratie suppose, avant les choix, la réflexion et le débat, l’information et l’analyse, des règles du jeu contrôlées. C’est le rôle indispensable des partis politiques de nourrir le débat public. C’est aussi le rôle des syndicats, des associations diverses et d’une presse libre d’y contribuer. Que les religions prennent la parole dans ce forum», rappelle le père Labour.

Plaidoyer pour une revalorisation de la politique

Le père Labour a aussi offert un plaidoyer. Un plaidoyer pour que la politique mauricienne retrouve ses lettres de noblesse. Voir le contenu ci-dessous.

«Je plaide pour que nous les membres du public, destinataires ultimes de l’organisation sociale et politique, nous refusions cette culture émotionnelle et que nous imposions les règles du jeu de la campagne électorale. Invitons les candidats dans nos quartiers dans des rencontres à dimensions humaines pour permettre des débats sérieux. Demandons-leur de s’engager sur des enjeux de société sur lesquels nous aurons constitué des dossiers bien documentés par des personnes compétentes dans divers domaines.

Je plaide pour une réhabilitation du rôle politique du citoyen. Imposons à nos candidats les règles de jeu d’une campagne électorale axée sur des orientations…

Je dénonce la diminution, sinon l’absence, de militantisme des Mauriciens qui votent certes à 75 %, mais pour des enjeux de court terme et pour obtenir des avantages matériels.

Je fais un appel aux politiciens en particulier ceux qui sont sensibles à l’enseignement social de l’Église.»

Enjeux majeurs…

Trois «enjeux majeurs» ont été proposés par le père Labour en marge des élections:

• L’écologie. D’où ce rappel des propos du pape: «L’état de santé écologique de la planète exige que soit opérée… une révision profonde et perspicace du modèle de développement est de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs pour en corriger les dysfonctionnements et des déséquilibres.»

• L’éducation. Avec 33 % d’échecs annuels, les prévocationnelles qui rejettent sur le marché du travail des adolescents qui ne maîtrisent pas encore la lecture et l’écriture, la ZEP dont la performance globale chute d’année en année, la généralisation des leçons particulières, le refus d’introduire le kreol comme langue d’apprentissage en dépit de son succès ailleurs… Bref, le peu d’audace à reformer en profondeur...

• L’économie. Surtout la lutte contre la pauvreté, «business lucratif» ou s’y engagent des ONG aux motivations quelquefois «ambivalentes». Et le plaidoyer pour une «économie sociale» en lieu d’une «économie qui fait la charité et donne des miettes qui tombent de la table des actionnaires et des propriétaires grassement rémunérés». Ainsi qu’une réflexion approfondie par rapport aux nouvelles conditions de la responsabilité sociale des entreprises.



Partage d’expérience

La JOC réunionnaise en visite

Une délégation de Jocistes de la Réunion était en visite à Maurice du 18 au 23 décembre dernier.

Composée de quatre jeunes âgés de 14 à 20 ans et de deux accompagnateurs en lien avec le diocèse de St-Denis, la délégation avait pour mission de se familiariser avec la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) de Maurice pour relancer celle de la Réunion.

Au menu de ce séjour, plusieurs sessions de travail et des partages avec les Jocistes de Bois- d’Oiseaux, Flacq, de Bambous, de Flic-en-Flac et de Roche-Bois, ainsi qu’une rencontre avec le père Jean-Mikael Durhonne, aumônier du mouvement et avec la Commission diocésaine du monde ouvrier (CDMO).

De plus, les jeunes réunionnais ont eu le loisir de rencontrer les jeunes de Beau-Bassin pour la croix des JMJ, pour dîner avec la JOC-Ado et visiter la Curepipe Cooperative Credit Union.

«Ce fut une visite très intéressant et positive. C’était gratifiant d’être dans le pays pour comprendre la réalité de la population mauricienne et les jeunes dans leur milieu de travail et de vie de tous les jours. De voir comment fonctionne la JOC de Maurice, de discuter avec les jeunes autour de leur expérience. À notre retour, nous allons tout faire pour relancer la JOC. Il y aura aussi une visite de la coordination de Maurice à la Réunion pour nous soutenir dans cette démarche», soulignait un de nos interlocuteurs peu avant le départ du groupe.

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Formation

Un groupe 40 relooké pour les jeunes


Des jeunes du groupe 40 à l'écoute de Mgr M. E. Piat.
A droite, deux membres du noyau élargi,
Jacqueline Raboude et Sr Maryline.

Après plus de 25 ans d’existence, la formation du Groupe 40 s’offre un lifting en 2010. Dans la forme comme dans le fond. Et ce, en vue de mieux répondre aux besoins et aux attentes des jeunes d’aujourd’hui.

C’est une vérité de Palice: les jeunes de 2010 ne sont pas ceux de 1990. Il en est de même du contexte et des réalités dans lesquels ils évoluent. Aussi, pour les responsables du Groupe 40, s’offrir une pause, se mettre à l’écoute des feedback des animateurs et des jeunes, décortiquer le response des jeunes et entre autres, leur qualité de présence étaient un must.

Un travail de remise en question et d’analyse qui s’est fait au fil des années. Et qui a abouti, il y a quelque temps, à une conviction. «Le contenu de la formation est bon en soi. Pas question donc de balayer d’un revers de la main tout ce qui a été fait dans le passé», souligne Jacqueline Raboude, membre du comité élargi. «Au contraire, insiste le père Steves Babooram, il s’agit de bâtir sur ce riche héritage et de l’étoffer.»

Style des jeunes

Ainsi donc, le Groupe 40 garde l’intuition de ses fondateurs, Mgr Maurice Pait, le père Roger Cerveaux et feue Mère du Bon-Pasteur: offrir une formation de base à la vie chrétienne aux jeunes adultes, les aider à grandir humainement et spirituellement, les inciter à prendre des responsabilités dans l’Église et dans la société.

En d’autres mots, favoriser la connaissance de soi, de l’autre et de Dieu. Et permettre une rencontre personnelle avec le Christ, Celui que le jeune est appelé à découvrir comme une personne à aimer et à suivre au cœur de sa vie de foi comme dans la société.

Et s’il n’y a «pas de gros changement dans le contenu, si ce n’est une réactualisation, une mise à jour, une manière nouvelle d’en parler et l’introduction de thèmes d’actualité, tels que l’écologie, la religion populaire…», le Groupe 40 s’est laissé fortement interpellé par le style de vie des jeunes. Surtout de ceux actifs dans les créneaux tels que l’hôtellerie, les Call Centres, le secteur manufacturier…

«Avec le travail effréné, les jeunes ne peuvent plus, aujourd’hui, se permettre de dégager de longues soirées entières et régulièrement pour se former, explique le père Babooram. D’où, changement fondamental: on ne parle plus maintenant d’une formation en deux années, mais en deux étapes.»

La première, une formation «à la carte», comprend six modules qui peuvent être suivis indépendamment l’un de l’autre, même s’ils ont un fil conducteur. Le jeune prend le temps nécessaire pour cette étape, avant de passer à la suivante.

Une vie d’équipe

Une seconde étape, avec un «menu bien équilibré», qui exige comme préalable le fait d’avoir complété trois modules obligatoires et un module optionnel (voir encadré). Mais aussi un investissement certain des jeunes, soulignent nos interlocuteurs. Investissement en termes de régularité, de volonté à se former, à vivre une vie d’équipe…

«Qu’un maximum de jeunes goûtent à cette formation, invite Jacqueline Raboude. Une formation qui aide à grandir, à se doter de repères dans une Église et une société mauricienne qui a de plus en plus besoin de jeunes témoins engagés.» Et le père Babooram de dire sa confiance que le Groupe 40 puisse aider certains à vouloir s’enrichir davantage par le biais d’autres formations. À aller plus loin, surtout dans ce contexte de pénurie de prêtres, en vue de prendre la place qui est la leur dans l’Église.

Détails pratiques

Conditions pour s’inscrire:

- Avoir entre 18 et 30 ans.

- Être au travail ou à la recherche d’un travail.

- Être étudiant à l’université.

- Être célibataire.

- Avoir le désir d’approfondir sa foi, de s’engager en Église et/ou dans la société.

- S’engager à respecter les exigences de ce parcours.

- Avant de s’inscrire, bien s’assurer que l’on va pouvoir suivre toute la durée d’un module.

Contenu de la formation

Première étape: 1er trimestre – Connaissance de soi (module obligatoire); Sexualité (module optionnel, mais fortement recommandé).

2e trimestre – Connaissance des autres (modules obligatoire); Savoir vivre ensemble dont la question de l’écologie (module optionnel).

3e trimestre – La Bible (module obligatoire); Ma religion et celle des autres (module optionnel).

Comment s’inscrire?

Remplir le formulaire d’inscription disponible…

Y agrafer une photo-passeport avec son nom écrit lisiblement au dos.

Se rendre au lieu d’entretien (voir ci-contre) en apportant son formulaire d’inscription, la photo, Rs 100, un stylo et une feuille de papier.

*La réflexion autour du relooking du Groupe 40 a été portée par un noyau élargi composé des pères Steves Babooram, Jean-Michael Durhone, Sylvio Lodoïska, Laurent Rivet, de Sœur Maryline Radegonde et de Suze Chelliah, Kathleen L’Aiguille, Jacqueline Raboude et de Michael Raymond. Une évaluation de la formation relookée se fera en cours d’année, toujours en vue de rejoindre les attentes des jeunes et d’être davantage pertinente.

*Pour mieux s’approprier les modules de la formation, les animateurs ont été invités à les vivre. Après un premier rendez-vous en novembre dernier, ils vont se retrouver à nouveau fin janvier et d’autres rendez-vous sont fixés durant l’année en cours.



*La formation sera dispensée dans six zones pastorales du diocèse cette année: le Nord, l’Ouest, les Plaines-Wilhems (basses et hautes), Port-Louis et l’Est. Elle sera animée par des équipes de prêtres, laïcs et religieuses.

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08 au 14 janvier 2010